O nuit...

Ô nuit…

 

Jean Philippe Rameau nous instruit de l’altière définition de nos hymnes, si près du cœur, de l’incantation sublime de notre faste. Faste souverain s’il en fut qui se retrouve, perçant le halo des brumes de nos jours, par espoir distinct, individué, rarement généré. Là se tient le lieu de l’enchantement, un enchantement sans failles, libre, uni, délibérant le principe d’une architectonie remarquable dont les ardeurs et les douceurs sont mélopées d’un bonheur vivant. Où notre devise d’être humain, dans l’émotion fulgure la loi de la résonance, en ses fleuves harmonieux, retrouve le sens de l’harmonie participant de cette réflexion intime qui fulgure au-delà des apparences la pure viduité et ses affirmations.

Le temps comme l’espace se dissipent, cristallisation la nef musicale nous emporte sur des fleuves conquérants, métriques rayonnants de citadelles et d’écumes la pluralité exonde de l’infiniment grand comme de l’infiniment petit, où rien n’est disgrâce mais bien au contraire intégration à cette désinence qui nous tient lieu, cet univers où perlent comme des refuges les arias de la beauté, préambule de notre gravitation vers l’éternité.

Sacre de ce chemin, où poursuivent les nefs, désignées, ce merveilleux voyage guidant et éveillant nos sens à la majesté de cette beauté du cœur qui, lentement palpite en chacun de nous, dans cette nuit profonde qui retient tous les enchantements, et qu’il nous suffit d’éveiller pour dévoiler leur plénitude et naître leurs ineffables déploiements.

Splendeurs découvertes qui, assumées, intégrées, ne se perdent mais bien au contraire attisent ce feu qui soulève les montagnes, guide les plus sages, devise les plus hardis, libérant en chacun la teneur d’un langage qui n’est plus celui des signes, mais de l’énergie formelle, cette énergie de l’élégance dont l’exemplarité est venue de plus haut vol, de la Voie par la voix dans une symbolique magnifiée irisant de ses ailes victorieuses et l’abîme et la cime, tel l’Esprit au-dessus des eaux qui ne se contemple mais agit l’indicible source du bonheur de l’épanouissement.

© Vincent Thierry